Rip Curl Challenge La Nord : l'interview de Kyllian Guerin, champion en titre

15/01/26
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Rip Curl Challenge La Nord: Interview with Kyllian Guerin, Reigning Champion

La waiting period du Rip Curl Challenge La Nord est ouverte depuis le 1er novembre 2025 et se poursuivra jusqu’au 1er avril 2026. Cinq mois au cours desquels l’organisation attend une configuration optimale de houle et de conditions météo pour lancer la 13e édition de cette compétition de grosses vagues (3 à 4 mètres minimum), organisée sur le spot emblématique de La Nord à Hossegor, et dont Rip Curl est le partenaire majeur depuis la toute première édition. Cette compétition réunit les meilleurs surfeurs de grosses vagues de la région : trente-cinq surfeurs landais, accompagnés de huit surfeurs basques et ultra-marins, amateurs et professionnels. Les compétiteurs seront évalués notamment sur leur engagement et sur la taille des vagues sélectionnées.

Alors que le Rip Curl Challenge La Nord est ON ce samedi 17 janvier, nous avons échangé avec notre team rider Kyllian Guerin, grand vainqueur de l’édition précédente. Originaire de Hossegor, il avait su tirer parti de conditions difficiles pour inscrire son nom au palmarès d’une épreuve devenue une référence du surf de grosses vagues dans le Sud-Ouest. Lors de notre échange avec Kyllian, le surfeur revenait tout juste d’un trip au Maroc pour présenter son dernier film, Mascaras, dans notre shop technique de Hossegor.

Salut Kyllian, comment as-tu prévu de passer ton hiver ?


KG – Je passe les fêtes à Hossegor et j’ai prévu de m’entraîner et de me préparer physiquement à la maison, pour être prêt à scorer les houles d’hiver en Europe d’ici mars/avril. J’aimerais bien aller au Portugal et en Irlande. J’ai aussi deux ou trois autres spots en vue ailleurs en Europe, ça dépendra de la houle. Je compte rester par ici tout en me tenant prêt à aller scorer, au dernier moment, les grosses houles, là où ça marche le mieux. Je pense que je serai là pour le Challenge La Nord, puisque je compte passer une partie de l’hiver ici.

Peux-tu nous parler de ton rapport avec le spot de La Nord ?


KG – Grandir à Hossegor a fait naître en moi une forme d’émerveillement et de respect pour La Nord, qui est l’un des spots les plus emblématiques du coin. Je l’ai déjà vu marcher parfaitement : certaines fois, j’ai pu y surfer, et à d’autres moments, je n’ai pas pu me mettre à l’eau parce que j’étais trop jeune… Ce spot m’a beaucoup fait rêver et j’ai toujours eu énormément de respect pour lui.

Quand les conditions sont solides à La Nord, qu’est-ce qui change par rapport à d’autres spots que tu connais ?


KG – La Nord est une vague située assez loin du bord, qui bouge beaucoup d’eau ; c’est aussi une vague sur laquelle on peut surfer de plus grandes planches. Je l’aborde soit avec des planches plus courtes — des 6’2, 6’3 — soit, au contraire, avec des planches plus grandes : des 6’6, 6’8, 7’4, voire des 8 pieds. J’ai quelques grandes planches que j’essaie parfois là-bas pour me préparer à surfer d’autres spots. C’est le bon endroit pour tester des lignes et des planches différentes.

Quel est ton meilleur souvenir à La Nord ?


KG – Ma victoire au Rip Curl Challenge La Nord l’an dernier a été particulièrement marquante. J’étais très heureux de gagner cette compétition sur une vague emblématique d’Hossegor. Ayant grandi ici, cette vague est légendaire à mes yeux. Il y a aussi une année où je rentrais du Maroc pour disputer la compétition et où j’avais terminé deuxième, derrière Justin Becret, qui était passé devant à la dernière minute sur une gauche. J’étais content pour lui, mais à une minute près, la victoire était pour moi. C’était donc un vrai plaisir de remporter le titre par la suite. Ce jour-là, il n’y avait pas forcément beaucoup de tubes, mais il y avait tout de même de la taille. On cherchait davantage à faire de gros drops et des manœuvres, avec une approche un peu différente. J’espère que, pour cette nouvelle édition, on pourra aller chercher quelques gros tubes.

Et ton pire souvenir là-bas ?


KG – Je me souviens d’un jour où j’ai pris une très grosse branlée. Je devais avoir 8 ou 9 ans, c’était assez gros : il devait y avoir un bon 2,50 m, peut-être un peu plus. Je me suis pris une grosse vague à l’impact, qui m’a bien décalé. J’ai tout lâché, j’ai plongé et j’ai passé presque deux vagues sous l’eau. Ça m’a bien calmé, mais ça m’a aussi permis de gagner en expérience, de ressentir l’énergie du spot et d’en comprendre le fonctionnement. Depuis, j’ai développé beaucoup de respect et une certaine fascination pour cette vague. Ça m’a surtout donné envie d’aller chercher des vagues avec de l’énergie, qui procurent de l’adrénaline.

Peux-tu nous dire quelques mots sur l’ambiance le jour de la compétition ?


KG – L’ambiance est familiale, avec beaucoup de locaux, toutes générations confondues. Il y a de l’enjeu, bien sûr, mais aussi beaucoup de plaisir. Depuis quelques années, des surfeurs viennent d’ailleurs : c’est une bonne opportunité d’affronter de nouveaux visages et de voir comment ils abordent le spot.

Quel est ton état d'esprit pendant une série ?


KG – Il y a forcément une part de stratégie : j’ai envie de trouver deux vagues, de passer mes séries et de faire le travail. Quand les conditions sont vraiment belles, j’ai surtout envie d’aller chercher un gros barrel ou une très belle vague qui marquera ma journée, parfois plus que le résultat en lui-même. Et quand tu trouves une bonne vague, ça se traduit généralement par un bon score. À l’inverse, lorsque les conditions sont plus difficiles, tout se joue davantage sur la gestion de la série. Et quand c’est vraiment beau, j’essaie plutôt d’aller chercher une grosse bombe.

Mascaras, le tout dernier film de Kyllian au Mexique